CPIE : Le gui et le houx
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Le gui et le houx

Le Gui et le Houx


Mi-anges, mi-démons : le Gui et le Houx


Bona annada a tots !
« Au gui l'an neuf » ! Tout le monde connaît cet adage selon lequel, pour la nouvelle année, il faut s'embrasser sous un bouquet de Gui et choisir une baie de la gerbe pour avoir bonheur, prospérité et longue vie .
Juste avant le nouvel an, des rameaux de houx portant des fruits auront été installé comme décoration et ornement de Noël. En effet depuis la nuit des temps, notamment dans l'Antiquité païenne, le houx est le symbole de la persistance de la vie (végétale) au cœur de l'hiver. La tradition chrétienne a également accueilli cette symbolique à l'occasion du temps de Noël autour de la fête de la nativité.

Je vous propose aujourd'hui d'en savoir un petit peu plus sur ces deux plantes des périodes de fêtes...quelques petites histoires...

Le Gui
 

Au temps des Gaulois les druides allaient en forêt, vêtus de blanc, munis d'une serpe d'or, pour couper le Gui sacré, ceci le 6éme nuit du solstice d'hiver, première de l'année celtique. Le Gui était déjà à l'époque considéré comme sacré en raison de ses vertus médicinales, d'autant plus celui poussant sur le chêne. Il faut savoir que le Gui est extrêmement rare sur le chêne ! (on verra pourquoi un peu plus tard)
La branche de Gui une fois coupée était réceptionnée par les autres druides dans un drap blanc, il ne fallait pas que cette boule de Gui touche le sol. Pendant la chute le druide prophétisait en celte « O ghel an heu » (ce qui voulait dire « que le blé germe ») mais déformé avec le temps c'est devenu « Au Gui l'an neuf » !

Le houx
 

Pour les chrétiens, selon un des Évangiles, le roi Hérode chercha à massacrer les nouveau-nés juifs de la bourgade de Bethleem pour éliminer celui que les textes prophétiques annonçaient comme le roi des Juifs. Marie, Joseph et l'enfant s'enfuirent en Egypte. Selon une légende populaire, à l'approche d'une troupe de soldats, ils se cachèrent dans un buisson de houx, qui, dans un élan miraculeux, étendit ses branches pour dissimuler la sainte famille derrière son épais feuillage épineux. Sauvés, Marie bénit le buisson de houx et souhaita qu'il restât toujours vert en souvenir de sa protection et comme symbole d'immortalité.

Côté nature.....
 

Le Gui [lo Vesc] (Viscum Album) est un sous-arbrisseau. Il a la particularité de ne pas pousser sur le sol, mais sur des arbres : c'est un sous-arbrisseau épiphyte (qui vit fixé sur des plantes).
Et il est en plus, hémiparasite (il ne prélève que la sève brute [eau, sels minéraux] mais pas la sève élaborée car le Gui est capable d'assimilation chlorophyllienne (photosynthèse).
Il est fixé à son hôte par un suçoir, jusqu'au bois, c'est à dire qu'il ne pénètre pas le tissus ligneux. Il ne décompose pas le bois ni n'attaque les cellules de l'arbre.

Au printemps des fleurs apparaissent et sont pollinisées par les insectes. Les fruits seront les baies blanches du Gui. Ces fruits, haut perchés, sont appréciés par certains oiseaux (les grives principalement, mais aussi les fauvettes, les mésanges bleues et les Sittelles). Ces oiseaux participent à la dissémination des populations de Gui en disséminant de nombreuses graines. La pulpe de ces baies est constitué d'une substance collante qui va fixer les graines sur les branches des plante-hôtes.
On se servait des baies du Gui (qui contient de la viscine) pour fabriquer la glu.

En ce qui concerne sa dissémination, le Gui utilise principalement deux oiseaux: les grives assurent une dispersion lointaine en rejetant les graines contenues dans les fientes, parfois à plusieurs kilomètres. Les fauvettes à tête noire, elles, vont décortiquer les baies sur place, ce qui entraîne une dispersion plus locale. Les mésanges et les sittelles se nourrissent des graines collées.
Le Gui va donc se développer sur les arbres préférés des grives ou des fauvettes: peupliers, aubépines, sapin, hêtre et un petit peu le chêne.

Le houx [lo Grifol] (Ilex aquifolium) est une espèce d'arbuste à feuillage persistant de la famille des aquifoliacées (feuilles épineuses folium [feuille] et acum [aiguille]), couramment cultivés pour leur aspect ornemental, notamment grâce à leurs fruits rouge vif. C'est une espèce de sous-bois assez commune en Europe jusqu'à 1500 m d'altitude.
Le houx commun est un arbuste à croissance très lente, à port buissonneux, dont la taille adulte est généralement de quatre à six mètres. Certains pieds peuvent former de véritables arbres. Le houx peut vivre jusqu'à 300 ans et au-delà.
Les fruits, qui n'apparaissent que sur les pieds femelles, sont de petites drupes (baies) sphériques de 7 à 10mmde diamètre, d'un rouge éclatant (parfois jaunes) à maturité, qui contiennent quatre noyaux, enserrant une graine lignifiée. Ces fruits qui mûrissent en fin d'été sont toxiques. Ils persistent tout l'hiver. Grâce à ses fruits persistants durant l'hiver, le houx est une espèce précieuse pour certaines espèces d'oiseaux qui s'en nourrissent, comme les merles et les grives. Sa forme buissonnante est intéressante également pour former un couvert à gibier dans les bois.

Le bois de houx est un bois peu courant car il est rare que l'on coupe des arbres bien formés. C'est un bois néanmoins apprécié des maquettistes, des marqueteurs et des tourneurs, en particulier pour la fabrication des pièces blanches des jeux d'échec.


Une plante médicinale ...ou du poison ?
 

Le Gui à faible dose et jusqu'au 19éme siècle, en herboristerie, était utilisé pour soigner l'épilepsie, les désordres nerveux et la digestion. Puis il a été un médicament contre la coqueluche. Le Gui est aussi bénéfique contre l'hypertension et les maladies cardiaques. Actuellement des recherches portent sur l'impact pour le système immunitaire et sur l'inhibition des tumeurs cancéreuses.
A forte dose le Gui peut provoquer des convulsions, ralentir le rythme cardiaque et augmenter la pression artérielle, et même provoquer des avortements...la mort est rarement loin …

Le houx contient dans son feuillage ainsi que dans les fruits des alcaloïdes toxiques, (notamment de l'ilicine). La consommation des fruits risque d'entraîner des vomissements et des troubles digestifs, voire, si la quantité est plus importante, des troubles neurologiques.
Il faut veiller à ce que les jeunes enfants ne soient tentés de manger ces fruits souvent présents dans les maisons pendant les fêtes de fin d'année.
Toutefois, cette plante fut employée autrefois en médecine populaire, tant par voie externe pour son pouvoir résolutif (sous forme de cataplasmes de feuilles fraîches broyées) ou par voie interne pour son pouvoir fébrifuge (sous forme de décoction de feuilles ou de macération dans du vin).

Sources : Wikipédia / Le guide Delachaux sur la flore / La nature au fil des mois de René Mettler
La nature au fil des saisons de


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